Identité et héritage de la Nation française

Les dates clefs de l’histoire française :

Une histoire baignée de sang

L’héritage des colonies

La mentalité française

La destinée de la France

Dates clefs de l’histoire française

900 av. J.C. Les Celtes traversent le Rhin et commencent à entrer en Gaule. Les Gaulois (terme latin pour désigner les Celtes) se constituent en plus de 400 tribus, se mêlant avec les Ligures, originaires des Alpes, les Ibères, des Pyrénées, et beaucoup d’autres, souvent de souche phénicienne, grecque ou romaine.

51 av. J.C. Jules César achève la conquête romaine de la Gaule. A cette époque, il y a sur le territoire environ 10 millions d’habitants. Le droit romain unifie le pays pour la première fois, source de grands bénéfices économiques et culturels.

202 Irénée, évêque de Lyon est décapité. Père de L’Église, il est célèbre pour avoir dénoncé l’hérésie.

Entre 250 et 270 ap. J.C Denis, le premier évêque de Paris, devient martyr. La tradition l’identifie parfois à Denis l’Aréopagite, mentionné en Actes 17v 34 mais les dates ne correspondent pas.

371 Martin de Tours fonde le monastère de Marmoutier. Celui-ci devient le centre de formation pour l’envoi de missionnaires auprès des Gallo-romains.

400-410 Des « tribus Barbares » commencent à envahir la province romaine de Gaule. Au nombre de celles-ci on compte les tribus germaniques, des Francs, des Wisigoths, des Burgondes, et, venant de plus loin encore à l’Est, les Vandales et les Teutons.

486 Clovis, Roi des Francs, l’emporte sur les armées romaines en Gaule et commence à unifier la France sous sa domination. (Cette unification s’achèvera en 507).

732 La progression des armées musulmanes (les Maures) en Europe occidentale est stoppée par Charles Martel, le chef Franc, qui les met en déroute près de Poitiers.

756 Le roi Franc Pépin le Bref donne le territoire de Rome et ses environs à la Papauté, fondant ainsi les États pontificaux.

768 Charlemagne devient Roi des Francs à partir de 768, et est couronné Empereur du Saint Empire Germanique par le Pape en 800. La conquête et la « christianisation » forcée des Saxons (au Nord-Ouest de la Germanie) occupent la plus grande part du règne de Charlemagne. En 804, il réussit à unifier la majeure partie de l’Europe occidentale. Charlemagne rassemble autour de lui, à Aix-La-Chapelle, sa capitale, une sorte d’Académie composée de savants venus de toute l’Europe. Il porte également un vif intérêt à la théologie, organise l’église sur les territoires qu’il gouverne et favorise les entreprises missionnaires et la réforme monastique.

911 Les Vikings prennent le contrôle du Nord de la France. Les Normands (« Hommes du Nord ») s’installent dans la région Ouest (la Normandie).

1066 Guillaume le Conquérant (chef de Normandie) met en déroute les Anglais à Hastings, et devient roi d’Angleterre. Il remplace la noblesse anglaise par des nobles français et remplace également les évêques et les abbés anglais par des hommes d’église éminents venant de France. Le français devient la langue de la Cour et de la noblesse anglaise pour près de 300 ans.

1095 Les Croisades sont lancées. Dans un discours prononcé à Clermont, en France, le Pape (un Français), appelle des volontaires à partir pour Jérusalem, promettant une rémission des péchés comme récompense. C’est un flot de volontaires qui se présente en masse, et des milliers de pèlerins pauvrement armés se mettent en route. Il faut distinguer les Croisades officielles ayant à leur tête un Souverain ou un Prince de phénomènes sporadiques et incontrôlés. Ce sont ces derniers qui vont massacrer les Juifs dans la vallée du Rhin, et la plupart d’entre eux périra au cours du voyage vers l’est. Le corps principal de l’armée, constitué essentiellement de chevaliers français et normands, entreprend de s’emparer de Jérusalem en 1099, établissant le « Royaume latin de Jérusalem ». Les Musulmans reprennent possession de Jérusalem en 1187. Au total, huit croisades poursuivent la  » guerre sainte  » contre les musulmans jusqu’en 1270, la France jouant un rôle majeur tout au long de cette entreprise.

1208 Un « Réveil de foi Biblique » éclate à travers la France, conduit par les Vaudois (à l’Est), les Picards (au Nord) et les Albigeois (au Sud). Ce même réveil produit des ordres religieux nouveaux comme les Dominicains, les Franciscains, les Augustins et les Grandmontains. Il influence aussi les laïques, à commencer par St Louis et Jeanne de Flandres.

1209 Le Pape Innocent III ordonne une croisade, non pas contre les Turcs, mais contre les « ennemis de l’intérieur ». Les principales cibles sont les Vaudois et les Albigeois (mélange de manichéisme et de christianisme suscitant une morale très austère). Beaucoup subissent le martyre, d’autres fuient en Italie du Nord

1212 Dans la  » Croisade des Enfants « , un groupe d’enfants et surtout de jeunes adultes paysans, conduits par le jeune Etienne de Cloyes, se voit promettre le libre passage de Marseille jusqu’en Terre Sainte, avec l’espoir de retrouver le tombeau du Christ. Au lieu de cela, ils sont combattus.

1231 L’Inquisition est établie par le Pape, pour prendre des mesures concernant les hérétiques, qui étaient considérés comme des ennemis de la société. Commençant à Toulouse, l’Inquisition atteint rapidement d’autres régions de France et, de là, l’Espagne et au-delà.

1309 Le Pape Clément V (un Français) déplace le siège de la Papauté de Rome en Avignon, ce qui marque le début de ce que l’on a appelé la « Captivité Babylonienne » de la Papauté, une période de 70 ans pendant laquelle tous les Papes sont français, vivent en Avignon, et sont soumis à l’influence française. Quand la Papauté retourne finalement à Rome, en 1378, une lignée de Papes rivaux paraît en Avignon, soutenus par la France, l’Écosse et une partie de l’Espagne et de l’Italie. Ceux-ci cherchent surtout à se dégager des querelles stériles des Italiens, qui mettent en péril la liberté de l’Église.

1337 Durant la Guerre de Cent ans, Français et Anglais combattent pour le contrôle de territoires en Écosse, en Flandres et en France.

1420 Dans le Traité de Troyes, le roi anglais Henry V est nommé héritier du trône de France. A ce moment-là , l’Angleterre s’est rendue maîtresse de la moitié de la France.

1429 Jeanne d’Arc a convaincu un conseil de théologiens qu’elle est revêtue d’une mission divine pour sauver la France de l’oppression anglaise. Elle conduit les Français dans plusieurs victoires militaires sur les Anglais en 1429. Quand elle mène une campagne sans autorisation l’année suivante, elle est jugée et déclarée coupable d’hérésie pour obéir à Dieu et non à l’Église Catholique Romaine. Jeanne d’Arc est brûlée sur le bûcher en 1431, mais après 25 ans, l’église annule la condamnation puis la canonise en 1920.En fait on s’est servi de l’Église pour ce procès fondamentalement politique.

1453 Les Français chassent les Anglais de tout leur territoire, excepté Calais, mettant ainsi fin à la Guerre de Cent Ans.

1514 La Révolution Scientifique commence, avec l’astronome polonais Copernic qui diffuse discrètement ses découvertes, annonçant que la terre n’est pas le centre de l’univers.

1516 Le Pape accepte de donner au roi de France le droit exceptionnel de nommer les évêques sur son territoire. Cette évolution du
274″ Gallicanisme « , ainsi qu’on l’a appelé, conduit à ce que, en France, le Pape possède moins d’autorité que le roi sur les questions ecclésiales. Il ne peut pas non plus contester les anciennes libertés de l’Église gauloise. Dans les années qui suivent, une conséquence concrète de cette concession est que le roi de France n’a pas besoin de se servir de la Réforme comme excuse pour restreindre le contrôle de la Papauté sur son territoire. Or ce prétexte devient un facteur politique d’importance utilisé pour répandre la Réforme dans d’autres pays. Le Concordat de 1802 met fin au « Gallicanisme ».

1517 La Réforme commence avec Martin Luther en Allemagne. Elle s’étend bientôt à travers l’Europe et son influence en France commence à prendre pied. En 40 ans, entre 20 et 50 % (selon les régions) des Français deviennent protestants.

1535 La persécution menée contre la Réforme contraint Jean Calvin à fuir la France pour la Suisse. Un grand nombre d’autres Protestants, appellés les Huguenots prennent également la fuite.

1562-1598 Les Guerres de Religion commencent, suite au terrible massacre d’une église protestante à Wassy. Les tensions politiques et religieuses suscitées par la Réforme débouchent sur une véritable guerre civile. Les guerres de religion ont repris sporadiquement jusque dans les années 1630.

1572 Arrive le jour de la Saint Barthélemy, avec le massacre des protestants. C’est Catherine de Médicis, la mère du roi de France, qui est à l’origine du carnage : elle a invité tous les chefs protestants à Paris pour le mariage de sa fille. Rien qu’à Paris, plus de 3 000 hommes sont tués en un jour, et les eaux de la Seine sont rougies de leur sang. La tuerie se répand rapidement dans toute la province. Par ailleurs dans les « Michelades » de Nîmes en 1567, les protestants ont massacré les catholiques.

1598 L’Édit de Nantes met fin aux guerres de religion. Il est signé en 1598 par le roi Henri IV, et accorde la reconnaissance officielle à la religion protestante, conduisant à une coexistence plus ou moins paisible entre les catholiques et les protestants pendant ¾ de siècle.

1608 Le Québec (en Amérique du Nord) est colonisé par la France.

1627 La ville de La Rochelle à majorité protestante, puissante et se voulant indépendante, est prête à livrer son port aux Anglais. Alors les forces royales, sous la direction du Cardinal de Richelieu, assiègent et prennent la ville, massacrant de nombreux habitants.

1633 L’astronome italien Galilée, contraint par l’Inquisition de renoncer aux théories de Copernic, est condamné à résidence surveillée.

1635 Les Français colonisent, dans les Antilles, les îles de la Guadeloupe et de la Martinique.

1638 Louis XIII consacre la France et tous ses habitants à la Vierge Marie, les plaçant sous sa protection, suite à une invasion de forces espagnoles. Alors qu’il était sans enfant après 22 ans de mariage, la naissance d’un héritier peu après est interprétée comme la récompense de son acte, et est attribuée à son intercession auprès de Marie. L’enfant devient Louis XIV, celui que l’on a appelé le  » Roi soleil « , qui règne avec le pouvoir absolu, se désignant lui-même comme  » le représentant de Dieu sur terre « .

1641 Descartes publie son principal ouvrage philosophique, préconisant le doute systématique comme une méthode pour parvenir à la vérité.

1660 Sous Louis XIV, la persécution des protestants reprend. Les églises et les écoles sont fermées. Plus tard, les enfants seront arrachés à leurs parents et « rééduqués » dans les couvents et les monastères, tout en restant à la charge de leurs parents. Au cours des 25 années suivantes, 309 édits sont proclamés contre les Huguenots.

1685 Révocation de l’Édit de Nantes. Le protestantisme est proscrit, sous peine d’être envoyé aux galères ou emprisonné à vie. Des centaines de milliers émigrent, plutôt que d’accepter le catholicisme. Dans les Cévennes des combats provoquent de nombreux morts.

1688 Un réveil dans les Cévennes s’accompagne de phénomènes étranges. Des milliers de personnes entendent des voix angéliques qui chantent dans la nuit ou des plaintes dans le ciel accompagnées de tambours et de trompettes, comme quand on donne aux troupes l’ordre de charger. Des milliers de gens se convertissent et déclarent qu’ils ont été « remplis de l’Esprit ». Plusieurs font l’expérience de pouvoirs miraculeux et commencent aussi à prophétiser de manière surnaturelle. De jeunes enfants à peine capables de parler un patois ordinaire, prophétisent dans un français parfait. Cependant la persécution provoque une réponse violente de la part de plusieurs dans le mouvement : ceci est connu sous le nom de « révolte des Camisards ».

1697 Les Français établissent une colonie à l’extrême ouest de l’île de Saint- Domingue (Haïti), faisant de celle-ci la colonie la plus riche des Caraïbes.

1700s Le 18ème siècle est aussi pour la France le « Siècle des Lumières ». Des philosophes français comme Voltaire et Rousseau, élèvent la raison humaine au-dessus de la religion.

1715 Nantes devient le premier port d’esclaves de France. C’est de là que sont lancées 1427 expéditions d’esclaves pendant les 70 années qui suivent. Les esclaves, achetés à des marchands noirs en Afrique contre un paiement en armes et alcool, sont vendus aux propriétaires de plantations dans les colonies des Antilles que sont la Guadeloupe, la Martinique et Saint Domingue (Haïti), pour la production de café et decanne à sucre. Cette production arrive en France, est raffinée à Nantes, Rochefort et Bordeaux, avant d’être réexportée vers l’Europe centrale et septentrionale. Ce commerce triangulaire est décuplé entre 1715 et 1789. La valeur de ces exportations internationales dans les années 1780 se monte à environ un quart du revenu national.

1763 Suite à la Guerre de Sept Ans, les Français perdent le Canada et l’Inde au profit des Anglais

1768 Les Génois vendent leurs droits de propriété sur la Corse à la France, ce qui entraîne l’invasion de l’île par les troupes françaises : La Corse devient une province française. C’est là que, peu après, naît Napoléon Bonaparte. Quelques mois plus tôt, il aurait été italien.

1778 Lors de la Guerre d’Indépendance américaine, les Français se rangent du côté des Américains contre les Anglais. La contribution apportée par leur armée et leur marine est décisive pour assurer la victoire américaine.

1789 Début de la Révolution française : une disposition nationale au changement coïncide avec de sévères difficultés économiques engendrées par la guerre et la disette. La Révolution est une tentative pour donner naissance à une nouvelle France, dans laquelle les privilèges héréditaires, l’absolutisme du roi et la mainmise de l’Église doivent prendre fin. Elle se caractérise par la Déclaration des Droits de l’Homme, la fin du système féodal, l’esquisse d’une constitution, la réforme de l’Église et la réorganisation du gouvernement. Cependant, l’idéalisme de la révolution tourne bientôt à l’anarchie et au règne de la Terreur.

En dépit des conséquences positives de la Révolution (par ex, elle accorde aux Juifs l’égalité et la citoyenneté), on y décèle cependant une forte tendance antichrétienne. Le clergé catholique est contraint de se soumettre au contrôle civil. Quand 3 évêques et 220 prêtres sont massacrés pour avoir refusé un tel contrôle, 30 à 40 000 prêtres fuient en Angleterre, en Espagne et dans les États de la Papauté. La République a inventé les camps de concentration de 1793 à 1795 avec les « pontons de Rochefort » où sont morts des milliers de prêtres. Un mouvement de déchristianisation prend racine avec la tentative révolutionnaire de remplacer le catholicisme par une religion approuvée de l’État, connue comme « Le Culte de l’être Suprême ». Les églises sont fermées, leurs ornements pillés, et un nouveau calendrier est introduit : désormais, le début de la Révolution devient  » l’an 1 « . Une semaine de 10 jours est également introduite, dans le but de supprimer le dimanche. Le point d’orgue est la « Fête de la Raison », le 10 novembre 1793, célébrée dans la Cathédrale Notre Dame, alors rebaptisée « Le Temple de la Raison ». Une procession de jeunes filles vêtues de blanc défile devant un simili « Temple de la Philosophie » élevé à l’emplacement même du grand autel. De ce « temple », au point culminant de la cérémonie, émerge un personnage féminin portant une robe rouge, en fait une actrice locale, représentant la Liberté. Le culte de l’être Suprême est imposé à travers toute la France.

1799 Napoléon Bonaparte, qui est parvenu au commandement d’une armée révolutionnaire française, s’empare du pouvoir politique comme premier consul en 1799 et se proclame lui-même empereur en 1804, lors d’une cérémonie présidée par le Pape Pie VII.

Pendant qu’il est à la tête de l’Etat, il met de l’ordre dans tous les domaines du gouvernement local et national, faisant ainsi avancer la législation plus que cela n’a jamais été fait sur une telle période dans l’histoire française. Bonaparte comble aussi la dette nationale, restaure la valeur des titres français, équilibre le budget, fonde la Banque de France, et centralise la perception des impôts. Il crée la Société pour le Développement de l’Industrie Nationale et entreprend des projets de grands travaux publics. Il subordonne également tout le système de l’éducation supérieure au contrôle de l’État centralisé.

Ces réalisations intérieures s’accompagnent de la restauration de la suprématie française à l’étranger, avec des victoires en Égypte, Autriche, Italie, Hollande, Suisse, Allemagne et dans les Balkans. Considérant que les liens familiaux sont plus forts que des traités, il place des membres de sa famille sur les trônes de Naples, de Hollande, de Westphalie et d’Espagne, et il marie des membres de sa famille à quelques-unes des familles les plus distinguées d’Europe. Ayant divorcé en 1809 parce que Joséphine ne mettait au monde aucun héritier mâle, il épouse alors la fille de l’Empereur d’Autriche. Un an plus tard, un fils nait et deviendra le roi de Rome.

1802 Napoléon reconnaît le Catholicisme romain comme la principale religion de France. Il impose un Concordat avec le Pape et légifère au sujet des cultes protestants et juifs.

1803 Napoléon vend la Louisiane pour contribuer à financer ses guerres européennes. Le prix était de 60 millions de francs pour un territoire de 2 millions de km2, s’étendant du Mississippi aux montagnes rocheuses.

1804 Les esclaves noirs d’Haïti, s’inspirant de la Révolution française, prennent le contrôle de leur pays.

1814 Napoléon est vaincu et la monarchie restaurée. Un an plus tard, Napoléon reprend le pouvoir, mais est définitivement battu à la bataille de Waterloo en 1815.

1844 Tahiti devient un protectorat français. Les autres îles de la Polynésie française sont progressivement annexées.

1846 La Guyane française devient, pour la France, le principal lieu de déportation de ses prisonniers : tous les détenus condamnés à des peines de plus de 7 ans sont envoyés là-bas. Au total, 50 et 70 000 prisonniers y furent envoyés. Les seuls qui quittent cette « prison » vivants sont les
3375 000 détenus qui s’y trouvaient encore quand la prison ferma, en 1953.

1847 Les Français achèvent de prendre possession de l’Algérie.

1848 La Révolution de février 1848, déloge Louis-Philippe, le dernier Roi français, et établit la Seconde République. Napoléon III, le neveu de Napoléon Bonaparte, devient Président puis Empereur.

1870 L’Alsace-Lorraine est perdue dans la guerre franco prussienne. La Troisième République est établie.

1880-1914 Les principales puissances européennes se partagent l’Afrique.

1884 Les Français achèvent leur conquête de l’Indochine.

1894 L’Affaire Dreyfus ébranle la France. Alfred Dreyfus, un officier de l’armée, d’origine juive, est accusé de vendre des secrets militaires aux Allemands. Son procès conduit à une vague nationale d’antisémitisme. Il n’apparut que plus tard que la hiérarchie militaire avait délibérément supprimé des preuves décisives lors du procès afin de se protéger. Lorsque l’écrivain Émile Zola publie son « J’accuse », il déclenche un véritable tumulte au Parlement. Finalement, Dreyfus est acquitté. Le pays tout entier est profondément divisé par cette affaire qui suscite de violentes passions jusqu’à l’intérieur mêmes des familles.

1905 La République établit la séparation des Églises et de l’État. L’enseignement religieux n’est plus autorisé dans les écoles publiques ou dans les universités.

1914-1918 La France combat du côté des Alliés pendant la 1ère Guerre Mondiale. Un dixième du pays est dévasté ; 8 millions et demi de soldats venus des quatre coins du monde meurent sur le sol français. 500000 Français sont tués et 3 millions blessés.

1919 Le Traité de Versailles rend à la France l’Alsace et la Lorraine. Il lui accorde également un mandat pour gouverner la Syrie, le Liban (appartenant anciennement à l’Empire Ottoman), et certaines parties du Togo et du Cameroun, anciennes colonies allemandes.

1939 La France et l’Angleterre prennent les armes pour défendre la Pologne contre l’agression allemande.

1940 L’Allemagne envahit la France. Le gouvernement, sous le Maréchal Pétain, capitule. L’Armistice qu’il signe avec Hitler cède à l’occupation allemande environ les 2/3 du pays : Paris, le Nord de la France, et toute la côte Atlantique. En échange, Pétain est placé à la tête du gouvernement de la zone libre, où son « régime de Vichy » collabore étroitement avec les Allemands, fournissant un soutien économique, supprimant la résistance et organisant la déportation de plus de 75 000 juifs. Pendant ce temps, Charles de Gaulle s’enfuit à Londres et commence à organiser la résistance française.

1944 La France est libérée

1946 L’Union française est créée pour étendre les droits de citoyenneté aux personnes originaires des colonies françaises. Elle leur offre également une autonomie limitée remplaçant la domination absolue.

1947 Début de la Guerre du Vietnam. Quand, de son propre chef, le Vietnam se déclare République Communiste Indépendante, la France lutte pour garder sa colonie. Les États-Unis, redoutant l’extension du communisme, aident la France ; en 1953, ils pourvoient à 80 % du coût de l’effort de guerre de la France.

1949 La France est l’une des 12 nations fondatrices de l’OTAN, créée pour prévenir toute agression potentielle des Soviétiques en Europe.

1954 La France se retire d’Indochine. Au même moment, le FLN (le mouvement nationaliste algérien) déclare une guerre d’indépendance, lançant des attaques terroristes contre les Français à la fois en Algérie et en France.

1957 La France est un membre fondateur de la Communauté Economique Européenne.

1958 Charles de Gaulle est appelé au gouvernement afin d’enrayer la crise pendant la guerre d’Algérie. Il rédige une nouvelle constitution donnant au président des pouvoirs exécutifs forts, établissant ainsi la Cinquième République.

1962 L’Algérie gagne son indépendance, après une longue et sanglante guerre civile.

1963 De Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer signent le « traité de réconciliation » franco-allemand, encourageant les relations franco-allemandes pour la première fois depuis 1870.

1967 De Gaulle met son veto à l’entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté Économique Européenne. Il distend les liens de la France avec les États-Unis et l’OTAN, affermit la puissance nucléaire française et engage des relations avec la Chine communiste.

1992 Le Traité de Maastricht sur l’unification européenne est approuvé de justesse à l’issue d’un référendum proposé aux Français.

1994 Le Tunnel sous la Manche est achevé, offrant une liaison ferroviaire entre la France et la Grande-Bretagne.

Une histoire baignée de sang


Faits importants :

Notre terre a été le théâtre des plus grandes tueries de l’histoire.

Nous avons été parmi les peuples les plus conquérants, très souvent en guerre, que ce soit sous Charlemagne, Guillaume le Conquérant ou Napoléon, avec les Croisades ou l’Inquisition, pendant la Guerre de Cent ans, les Guerres de Religion ou le règne de la Terreur, pour conquérir ou disputer des colonies, enfin, pour défendre notre propre souveraineté lors des deux guerres mondiales qui virent mourir des millions de personnes sur notre territoire.

L’Eglise de France, elle même, est bâtie sur le fondement des martyrs. Les pionniers de la foi chrétienne ont été fréquemment persécutés par l’Empire Romain.

Denis est devenu le premier Evêque de Paris. Ce vieil homme n’avait qu’une passion, celle d’évangéliser les Gaulois. Beaucoup de Parisiens viennent à la foi par sa prédication ardente. Le gouverneur le met donc en prison avec certains de ses disciples où ils subissent de sévères tortures. Restant fermes dans leur foi, ils sont emmenés au Mont Mercure (maintenant Montmartre) où ils sont décapités entre 250 et 270. Pendant les cent années qui suivirent et au-delà, l’Eglise subit des périodes de sévère répression en raison de ses luttes pour s’établir dans un climat spirituel hostile. Au cours des siècles, 1/2 million de croyants environ ont été tués en raison de leur foi. 1/2 million de plus encore fut forcé de se sauver dans d’autres pays.

L’héritage des colonies


1. La colonisation et l’esclavage

Depuis la chute de l’Empire Romain, l’histoire de l’Europe a été caractérisée par la compétition entre ses plus grandes nations afin d’obtenir des territoires et le pouvoir. Pendant des siècles, ces nations ambitieuses dominèrent sur les colonies à tour de rôle. La découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492 ne fit qu’élargir le terrain de conflit, et les anciennes rivalités gagnèrent la terre entière. Chaque pays se précipita pour réclamer de nouveaux territoires et en tirer un maximum de profit. Ainsi commença une course effrénée qui se poursuivit jusqu’au XXéme siècle. A la veille de la Première Guerre Mondiale, alors que les puissances européennes et leurs colonies représentaient environ 85 % de la surface de la terre, leur contrôle économique et politique s’étendit sur toute la planète. Le colonialisme était un moyen facile d’étendre son territoire et d’accroître son prestige. Il devint une source facile de richesse. Dans la conception européenne, une colonie permettait de profiter de ses matières premières.

Dans ce commerce, chaque pays s’efforça de garder le monopole sur « ses colonies ». Finalement, elles devinrent souvent les leviers du pouvoir militaire, servant à la fois à fournir les hommes et les vivres, ainsi que la base militaire, navale ou terrestre. Les immenses plantations exigèrent tellement de main d’œuvre que la population indigène ne suffit plus. Les propriétaires, voulant éviter de payer des salaires qui auraient diminué leurs profits, commencèrent un cruel commerce qui aboutit à l’esclavage de 12 à 15 millions d’Africains envoyés de force au Nouveau Monde. La France y joua un rôle significatif. Pendant 70 ans, Nantes fit prendre la mer à 1427 « navires d’esclaves ». Ces esclaves, achetés en échange d’armes et d’alcool, furent transportés vers les colonies dans des conditions désastreuses. Enchaînés nuit et jour pendant les 6 semaines que duraient le voyage, beaucoup moururent en route. Les survivants furent vendus aux propriétaires agricoles en Guadeloupe, en Martinique ou à Haïti pour travailler dans les plantations de sucre ou de café. Le sucre de canne et le café étaient rapportés en France où, après avoir été raffinés à Nantes, Rochefort ou Bordeaux, ils étaient exportés vers l’Europe Centrale et l’Europe du Nord. On abusa cruellement des esclaves qui, du matin au soir, devaient effectuer des travaux pénibles sous la chaleur et étaient fouettés au moindre relâchement. Leur vie valait peu de chose aux yeux des colons, ainsi leur espérance de vie était courte. Ceux qui moururent furent facilement remplacés par les nouveaux arrivages. Rien qu’à Haïti (Saint-Domingue), 20 000 blancs surveillaient plus de 160 000 esclaves noirs. En France, l’esclavage persista jusqu’en 1848. 2. Impact de l’esclavage

2a. La France a tiré de grands profits de la colonisation

La prospérité dont nous bénéficions aujourd’hui vient, dans une bonne mesure, de ce que nous avons volé et extorqué à nos colonies. Le montant total de ce que notre nation a gagné se chiffre en milliers de milliards d’euros. Ce sont ces vastes profits qui ont transformé la France ordinaire du 18ème siècle, dont l’économie était basée sur l’agriculture, en la seconde puissance économique du 19ème siècle et la quatrième puissance mondiale actuelle. Cet argent a mis la France loin devant ses concurrents et financé le développement global de la puissance moderne et industrielle qui nous donne aujourd’hui un niveau de vie si élevé.

2b. La France a laissé sa population coloniale dans une grande pauvreté

Lorsque l’on compare la pauvreté des anciennes colonies françaises aux sommes d’argent que la France a gagnées grâce à elles, il est difficile de ne pas être interpellé. La politique coloniale française était guidée par le désir de maintenir l’ordre et de faire de substantiels profits à court terme. Un développement économique du pays à grande échelle ne fut jamais mis au programme. Les trois quarts des dépenses coloniales concernaient le domaine militaire. Encore aujourd’hui, nos anciennes colonies sont souvent les pays les plus pauvres avec une mortalité infantile ou un endettement supérieurs aux autres, des infrastructures insuffisantes, des systèmes économiques, sociaux et politiques précaires.

2c. Les anciennes colonies françaises sont parmi les régions les moins évangélisées du monde

Les anciennes colonies françaises sont aussi désespérément pauvres spirituellement. L’une des raisons est que le très puissant mouvement anti-clérical qui travaillait à créer une société laïque en France essayait naturellement de limiter l’influence de l’Eglise dans les colonies. De ce fait, même si l’église catholique a déployé des efforts considérables, elle a parfois intégré les traditions locales ou elle a dû se limiter à une œuvre sociale. En Algérie, en Mauritanie, aux Comores, au Maroc, au Niger et en Tunisie, le total de la population chrétienne est réduit à une minuscule fraction de 1%. Dans de nombreux autres pays francophones, l’Eglise est incroyablement petite et faible. Aujourd’hui la Francophonie représente l’une des zones les moins évangélisées du monde.

2d. Les problèmes des banlieues

La période coloniale française a laissé beaucoup d’amertume dans le monde. De nombreux pays gardent du ressentiment envers la France à cause de la façon dont elle s’est enrichie en exploitant leurs ressources tandis qu’eux sont restés pauvres jusqu’à ce jour. Le style de vie luxueux de certains Français dans les colonies contrastait fortement avec la pauvreté des autochtones et a créé chez eux le désir d’obtenir un niveau de vie comparable. L’impossibilité d’atteindre cet objectif a souvent créé de l’amertume et du ressentiment. Cet état de fait est aussi à l’origine du désir d’émigrer vers la France qui est perçue comme une sorte d’Eldorado, une terre promise pleine de richesse. À cela est venu s’ajouter, dans les années 60 et 70, une forte demande de main d’œuvre de l’industrie française, provoquant une vague d’immigration de plus de 10 millions de personnes. Aujourd’hui, ces minorités représentent environ 13% de la population. L’intégration, qui a réussi à transformer des générations d’Espagnols, d’Italiens et de Portugais en Français à part entière, a été beaucoup moins efficace avec les immigrés de l’après-guerre issus de cultures non européennes. Leur quête d’une vie meilleure se termine généralement dans les banlieues pauvres des grandes villes. Coupés du reste de la société française et de ses richesses, le chômage, le fort taux de criminalité, et des conditions de vie en dessous de la moyenne viennent encore accentuer leur mécontentement.

La France continue à maintenir un rapport solide avec ses anciennes colonies, ses attaches économiques, scolaires, et militaires sont significatives. Dans ces dernières années la France a accueilli 10 millions d’immigrés de beaucoup de nations. 13% de la population se compose de minorités internationales.

De nombreuses îles font partie des Collectivités d’Outremer : la Guyane française, la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion sont toujours régies en tant que départements , et sont représentées à l’Assemblée Nationale. Certaines îles ont une identité législative française, ce sont Saint Pierre et Miquelon, Mayotte, Saint Martin et Saint Barthélémy ; les autres ont leur propre législation, soit la Polynésie française, Wallis et Futuna, les terres australes et antarctiques françaises, Clipperton et la nouvelle Calédonie.

La mentalité française


Avec une histoire aussi riche et unique, nous avons hérité d’une mentalité qui nous est propre. La mentalité, c’est «  l’ensemble des croyances et habitudes d’esprit qui informent et commandent la pensée d’un groupe. Plus couramment, état d’esprit, dispositions psychologiques ou morales ». (Petit Robert)

L’unité de la France s’est faite grâce à une forte centralisation. L’autorité (du roi, du gouvernement, de l’administration) a son siège à Paris et s’exerce de haut en bas. C’était vrai sous la royauté (Louis XIV) et l’est resté sous la Révolution (les Jacobins) et sous les deux Napoléon. La République ne s’est pas affranchie de cette organisation très hiérarchisée. Les décisions sont prises au sommet par une administration opaque ou par des technocrates qui savent ce qui convient au peuple. Le citoyen se sent très éloigné des centres de décision. On lui impose des règles sans l’avoir consulté.

À une organisation autoritaire répond une résistance passive : repli sur la vie privée (qui seule est intéressante), tendance à rouspéter et critiquer, faible sens civique (voler l’État, ce n’est pas voler), resquille, système D du “chacun pour soi”, individualisme, peur de prendre des responsabilités (aucun intérêt…), aversion à l’égard de l’ordre (la police n’est guère aimée). Il en résulte une société de méfiance : on se méfie des autres, surtout de ceux qui détiennent le pouvoir …, on leur donne le minimum, on cherche à dépendre le moins possible de l’Etat mais on fait appel à lui pour obtenir le maximum d’avantages (les Français aiment le « piston ») et on compte sur les syndicats pour ne rien perdre de nos acquis …

1. La pensée

Au niveau philosophique, Descartes a révolutionné la pensée. Le fameux “je pense, donc je suis” a pris la place de Dieu. Jusque là, Dieu était le “Je suis”, fondement de la connaissance, soutien de la création et de l’homme. Avec Descartes, la pensée se dit capable de contenir le monde créé et, de ce fait, le créateur … Le Dieu révélé est pratiquement éliminé pour ne devenir qu’un être supérieur. La pensée devient première, l’être second.

Sommes-nous conscients de la place que prend la pensée dans notre vie spirituelle ? Nous avons tellement besoin de comprendre pour croire … Notre foi en est limitée d’autant … Dieu ne nous demande pas d’avoir une foi aveugle qui ne laisse pas de place à l’intelligence (qu’Il nous a Lui-même donnée) mais une confiance en Lui comme principe de base de notre vie spirituelle.

2. Le doute

Nous, français, détestons être liés à une vérité absolue. Peut-être cela nous vient-il du temps où la France était dirigée de façon autoritaire par le roi et l’église. A cette époque, nous avions peu de liberté dans nos croyances et notre réflexion. « Un Roi, Une Religion, Une Loi ». C’était la soi-disant recette de Louis XIV pour avoir une nation saine. En fait, cette étroitesse d’esprit donna naissance au mouvement philosophique des Lumières qui grandit en réaction à cet autoritarisme. Descartes en fut un des principaux précurseurs. Il est perçu comme étant l’un des plus grands penseurs de l’histoire humaine et comme le père de la philosophie moderne. Il inventa une méthode pour démontrer ce qui est vrai. C’était une question importante à une époque où la vérité était déterminée par l’église. Descartes nous dit alors : « Vous devez douter ». Douter de tout ce que l’on vous dit. La vérité, ce n’est que ce qui reste après avoir démontré tout ce qui est faux…

Ce scepticisme destructeur est profondément enraciné dans la mentalité française. Depuis notre plus jeune âge, on enseigne à nos enfants à questionner et à discuter. Peu importe ce qui est juste et vrai (tout est relatif, leur dit-on), pourvu que vous défendiez bien votre cas. Autrement dit, les Français sont conditionnés à être sceptiques et rationalistes. Dans nos écoles et universités, Pascal est peu étudié. De même, d’autres auteurs qui sont de grands croyants et d’éminents philosophes comme Blondel, Bergson, Lavelle, Gabriel Marcel, Maritain ou Levinas, sont un peu mis de côté par notre intelligentsia émancipée, fille des « Lumières » et athée. Ils sont davantage étudiés au Canada, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud qu’en France. Laïcité oblige ! De la même manière, ce qui importe est la façon dont vous démolissez la thèse de l’autre. Après des années de pratique, cette approche, qui nous fait douter de tout, devient pour nous comme une seconde nature. Nous développons un réflexe subconscient, qui, à chaque fois que quelqu’un nous donne son opinion, nous fait penser instantanément à une raison pour laquelle l’opinion de l’autre n’est pas juste. Ce mode de réflexion affecte également l’Église. C’est une sorte de jeu que nous jouons, mais il s’ensuit que nous ne recherchons jamais de conclusion définitive ou que nous ne prenons jamais d’engagement. Bien sûr cela s’oppose directement à un Évangile fondé sur l’indubitable Parole de Dieu, un Évangile qui nous dit que nous sommes sauvés par la foi, un Évangile qui dit qu’ « il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4:12). Il semblerait que le diable ait utilisé les événements de l’histoire pour tellement façonner notre mentalité qu’elle est devenue imperméable au message de l’Évangile. Mais tout n’est pas perdu ! Dieu a également été à l’œuvre à travers notre histoire. Il s’est toujours assuré qu’une porte restait ouverte par laquelle on peut être sauvé. Remercions Dieu pour ceux qui, comme Apollos (voir Actes 18 v 25-28), peuvent proposer des preuves convaincantes à notre société sceptique en discutant et démontrant l’exactitude des écritures. Satan, en mettant ses barrières autour de l’esprit et de la raison des Français, a laissé leur cœur ouvert. Le peuple français est un peuple passionné. Il a une perception profonde des choses spirituelles. Blaise Pascal, un philosophe chrétien contemporain de Descartes écrit : « Le cœur a des raisons que la raison ne connaît pas ». Ce brillant universitaire, qui ne réussit pas à venir à Dieu par le moyen de la raison, fut touché dans son cœur lorsqu’il eut une révélation surnaturelle du Christ ressuscité.

À long terme, le « siècle des Lumières » a laissé un héritage mondial. Beaucoup d’aspects de la démocratie moderne, des lois et des droits de l’homme peuvent être reliés à ce mouvement qui a commencé en France. Il en est de même de la pensée séculière de l’Occident. Il est difficile d’estimer l’impact de ces philosophes français qui étaient parmi les premiers à dépeindre un monde scientifique sans place pour Dieu. Cette vision de l’ordre naturel, enseignée comme un fait indiscutable dans la majorité des écoles occidentales, a empêché des millions de personnes de découvrir une relation personnelle avec Dieu.

Dans une grande partie du monde occidental, le scepticisme religieux du « siècle des Lumières » a été affaibli par les réveils religieux de la fin du XVIIIème siècle. Le Méthodisme en Angleterre et le Piétisme en Allemagne, ont été accompagnés du grand réveil de l’Amérique. Ces réveils protestants ont contrebalancé les doutes intellectuels des Lumières et ont amené beaucoup de personnes à retrouver une foi personnelle. Mais en France, les réveils n’ont jamais percé. Sa communauté réformée avait été amenée près de l’extinction dans les années précédentes. La philosophie du doute a continué à s’enraciner plus profondément. Paradoxalement, ce scepticisme a été accompagné d’une croissance du spiritisme et d’autres pratiques occultes, alors que les Français cherchaient des moyens peu orthodoxes pour satisfaire leur faim spirituelle. Aujourd’hui le scepticisme est gravé dans la conscience française aussi profondément que la laïcité est ancrée dans leur société. L’importance de la raison, la nécessité de douter et d’avoir un esprit critique ont gravement influencé notre culture et nos mentalités. Ces mauvais penchants font partie de notre identité française et nous n’en sommes souvent pas conscients. Ils font obstacle à une œuvre puissante du Saint-Esprit dans nos vies et dans notre pays.

Combien de fois nos gouvernants n’ont-ils pas souligné le risque de « sinistrose » ? Nous nous enflammons vite, mais nous baissons également les bras rapidement devant la moindre résistance, allant même jusqu’à dénigrer ce que nous avons adoré. Chacun peut plus ou moins se reconnaître… L’église n’est donc pas exempte du scepticisme ambiant, hérité d’un certain rationalisme, et qui peut se cacher chez les chrétiens sous le masque d’une sagesse désabusée ou encore d’une vison pessimiste de l’avenir. Nos faux raisonnements nous empêchent d’obéir. Tels des forteresses, ils s’élèvent contre la connaissance de Dieu. Ils doivent être renversés afin que nos pensées puissent nous amener à l’obéissance (2 Corinthiens 10:4-5 ; Jacques 1:22). Voilà le cœur d’une des principales forteresses qui “plombent” nos églises et freinent l’œuvre de Dieu. Tout le message et le ministère de Jésus sont centrés sur la nécessité de la repentance qui est, en fait, un changement de mentalité. De notre réponse authentique et entière à ce défi dépend l’avenir spirituel de notre pays. Cela commence par l’Eglise, donc par nous.

3. La laïcité

« La laïcité est le résultat d’un processus historique qui a vu les diverses sphères de la vie sociale… s’émanciper progressivement de toute tutelle religieuse pour se développer de façon autonome » (J.P. Willaime).

L’Edit de Nantes (1598) a constitué une étape importante dans ce processus. Certes l’Eglise catholique gardait une position hégémonique, tandis que la liberté de culte reconnue aux Protestants était strictement limitée. Cependant, pour la première fois en France, le pouvoir politique acceptait la coexistence de deux communautés religieuses différentes au lieu de chercher à imposer la religion dominante. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, promulguée en 1905, affirme la neutralité de l’Etat en matière de religion, et reconnaît à chaque Français le droit d’adhérer à la religion de son choix (ou à aucune). Elle accorde la liberté de culte à toutes les religions. Ce principe de laïcité met fin au pouvoir exercé par les églises sur l’ensemble de la société, ainsi qu’à la prétention de l’Etat d’intervenir dans des questions qui touchent aux croyances des citoyens.  Les Catholiques ont ressenti le combat en faveur de la laïcité comme la suite de la Philosophie des Lumières avec l’intronisation de la déesse Raison dans la cathédrale de Paris ; ils restaient marqués par le nombre important des leurs qui avaient été condamnés, guillotinés ou noyés à cause de leur fidélité chrétienne. Leur résistance se poursuivit tout au long du 19ème siècle, ce qui ne fit qu’intensifier le combat pour une laïcité pure et dure. Quoi qu’il en soit, la laïcité s’est imposée comme un compromis qui permettait une cohabitation pacifique. Les Protestants, porteurs d’un Evangile qui demande à chaque personne une libre décision de foi, se sont réjouis de la liberté nouvelle accordée. On ne peut que reconnaître l’apport bénéfique de la laïcité en faveur de la liberté de conscience et de culte dans la société française. Cependant, cette laïcité a fait naître de nouveaux problèmes dont nous devons être conscients : Si elle se voulait simplement anticléricale, elle est souvent devenue antireligieuse, diabolisant les églises (« Ecrasez l’infâme ») et cherchant à détruire la foi chrétienne. Sous prétexte de neutralité, la religion est exclue de la vie publique. Elle doit rester dans le domaine privé. C’est une affaire personnelle. Elle ne doit jouer aucun rôle dans la société et n’a pas sa place dans les lieux formateurs d’opinion, comme les écoles et les médias.

La pluralité des croyances justifie un pluralisme qui tend vers le relativisme : “Toute conviction est respectable. Il n’y a pas une religion meilleure que les autres. Toutes se valent…” Prétendre posséder la vérité est totalement intolérable.

Le relativisme rend difficile l’enseignement d’une morale commune. Sur quelles valeurs la fonder ? Le résultat, c’est que nos contemporains et plus spécialement les jeunes sont privés de repères en matière d’éthique.
La marginalisation des églises a renforcé l’inculture religieuse des Français. On constate, même chez des universitaires, une grande ignorance des vérités centrales de la foi chrétienne. Pour choisir librement, il faut un minimum de connaissances des options qui se présentent. Beaucoup de Français sont privés de cette liberté. Par manque de repères, les Français se tournent vers n’importe quel mouvement religieux qui leur semble répondre à leurs aspirations du moment. D’où le succès des sectes. Et, par contre coup, une grande méfiance à l’égard de tout mouvement religieux mal connu. Si le principe de laïcité, établi par la loi de 1905, établit la séparation des églises et de l’Etat, il garantit aussi les libertés de pensée, de conscience, de religion et d’expression. Ce dernier point a souvent été mis à mal. Notre constitution, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la Déclaration Universelle de 1948 et la Convention européenne de 1950 nous la garantissent pourtant.

De grands progrès dans ce sens ont été faits ces dernières années, la parole se libère, la foi n’est plus honteuse, la jeune génération ne rejette pas une église qu’elle ne connaît pas, les religions sont peu à peu enseignées à l’école et les médias suivent le mouvement. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette évolution.

4. La méfiance

Peut-être que notre attitude méfiante a ses racines au sein même de la Gaule antique. Avant d’être une conquête romaine, la France était une mosaïque formée de milliers de clans. Certains d’entre eux fonctionnaient de façon indépendante, d’autres s’unissaient pour former une tribu parmi les 400 existantes. Les différents groupes rivalisaient constamment entre eux, et la méfiance des uns envers les autres était grande. Ils n’arrivaient à s’entendre que pour combattre un ennemi commun…

Une autre source de notre méfiance pourrait être un héritage de ces années douloureuses après la Réforme. Selon les régions, 20% à 50% de la population était devenue protestante. Alors que cette nouvelle foi se propageait comme une traînée de poudre, une grande persécution apparut. Ces croyants craignaient constamment des yeux espions ou de faux frères qui pouvaient gagner facilement un peu d’argent en donnant des informations sur ces Huguenots. Ceux qui étaient pris étaient jetés en prison, envoyés aux galères ou tués. Dans un tel environnement, on comprend facilement pourquoi les Français commencèrent à se méfier les uns des autres. Le même phénomène s’est développé durant l’occupation allemande où résistants et collaborateurs se livrèrent une guerre fratricide. Ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui la méfiance est profondément enracinée dans notre mentalité. Nous divisons notre monde entre NOUS et LES AUTRES. Les autres peuvent être un danger. Nous trouvons leurs motivations suspectes, nous doutons de leurs explications et nous nous attendons au pire. Pour nous protéger, nous dressons un mur de méfiance entre eux et nous, et prenons un air renfrogné, en guise de fil de fer barbelé. Nous avons tellement été blessés, trahis ou manipulés. Du coup, nous sommes constamment sur le qui-vive, soupçonneux et prêts à fausser compagnie. Cette attitude explique en partie le problème de la solitude qui affecte notre société moderne. Aujourd’hui, près d’un français sur trois vit seul. Comme nos ancêtres les Gaulois, nos relations ne sont pas stables, et notre solidarité s’applique à des unités de plus en plus petites. Notre méfiance nous laisse seuls et souffrants. La méfiance est également présente dans nos églises. Les croyants ont du mal à se faire confiance, et sont peu ouverts à des relations plus profondes. Plutôt que de demander de l’aide, ils préfèrent cacher leurs luttes et leurs peines. Les divisions sont fréquentes, on accepte difficilement le changement, et la vision est reçue avec scepticisme. La méfiance rend aussi le témoignage plus difficile. Ceux que nous évangélisons nous suspectent de vouloir leur soutirer de l’argent ou de vouloir les embrigader dans notre secte.

5. L’orgueil

Notre nation a tendance à être orgueilleuse. « Mais c’est compréhensible », diront certains. « Nous sommes actuellement les meilleurs du monde dans pas mal de domaines. N’est-il pas normal que nous en soyons un peu fiers ? ». Notre langue est poétique et raffinée. Notre discours est intelligent et spirituel. Nos plats et nos vins sont les meilleurs du monde. Et n’oublions pas les autres domaines où nous excellons tels le sport, l’architecture, l’amour, les affaires, la mode, le cinéma, la logistique et bien d’autres encore. Honnêtement, au fond de nous-mêmes, nous avons le sentiment d’appartenir à une nation supérieure (même si nous ne tenons pas tous ce discours).

Un de nos symboles nationaux le plus célèbre est le coq gaulois. Cet animal, utilisé comme symbole depuis la Renaissance mais particulièrement à l’époque de la Révolution, a été choisi parce qu’il illustrait bien le caractère français. Le coq est un animal fier qui garde la tête haute. Il choisit un emplacement, le plus en hauteur possible, pour coqueriquer. Il est férocement individualiste, susceptible, et on peut facilement le provoquer. Plein de courage et d’héroïsme, il se battrait même contre plus fort que lui. Quel contraste avec ces grands symboles du Royaume de Dieu : la Colombe et l’Agneau ; des symboles de gentillesse, de confiance, de paix, de soumission et de sacrifice…
L’orgueil est un des péchés les plus dangereux. C’est une attitude qui détourne la louange qui s’adresse à Dieu et qui amène Son opposition. Et bien pire, l’orgueil nous éloigne de Son fleuve de grâce (en effet l’orgueilleux n’a pas besoin de la grâce). C’est à cause de son orgueil que Satan a été exclu du ciel (Esaïe 14:13-14 ; Ezéchiel 28:11-19). Si nous voulons que la présence de Dieu visite notre pays et y demeure, nous devons mettre de côté notre fierté et notre orgueil.
« Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4:6)

6. La liberté et l’individualisme

Chacun aime que les choses soient faites à « sa manière ». Le pays se divise en 22 régions et plus de 36 000 communes. Et chaque région, chaque commune aiment à cultiver sa différence. Charles de Gaulle résuma le problème par cette fameuse phrase : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromages ? »

Lors d’une récente enquête, ayant pour but d’étudier les différences dans les systèmes de valeurs des pays européens, un graphique mesurait l’importance de la collectivité par rapport à l’individualisme. Les français arrivait en première position pour ce qui était de la liberté et de l’individualisme, les Allemands préférant l’ordre et le collectivisme. De telles caractéristiques ont profondément affecté notre société. Prenons les relations, par exemple. Les vertus modernes de la liberté individuelle et de la réussite personnelle ont remplacé les anciennes idées bibliques de l’engagement, de la fidélité et de la responsabilité familiale. Cependant, notre liberté individuelle a un prix, souvent payé par notre famille et nos amis qui sont alors profondément blessés. 41% de nos mariages (2/3 en région parisienne) finissent par un divorce, avec tous les maux de cœur que cela apporte à nous-mêmes ou à nos enfants. En fait, un couple sur six ne se mariera jamais, ne sachant pas s’il veut vraiment une relation durable.Dans l’Église, notre individualisme pose également de gros problèmes. Les pasteurs trouvent qu’il est difficile d’unifier l’Église dans une vision commune. Et il est encore plus difficile de réunir des églises de différentes dénominations. Lorsqu’un membre trouve que les choses ne se passent pas comme il aimerait ou que son point de vue n’est pas pris en compte, il quitte l’église et en trouve une autre. Ou pire, il crée sa propre église.

7. L’antisémitisme

Notre société a évacué toute référence religieuse. Elle a brouillé les repères et les valeurs. Dans un tel chaos, les incompréhensions et l’incapacité à appréhender d’autres religions favorisent l’antisémitisme. Nos gouvernements, qui ont poussé la laïcité à l’extrême, ont bien de la peine à lutter contre lui. L’importance de la communauté d’origine musulmane associée au conflit du Moyen Orient a considérablement contribué à l’escalade de la violence contre les Juifs dans notre pays. Il est regrettable que les associations antiracistes fassent davantage entendre leur voix que les églises. De plus en plus de Juifs français déménagent en Israël, déclarant avoir fait ce choix pour fuir l’antisémitisme. Entre 1991 et 2003, les violences anti-juives ont été multipliées par cinq ! En 2003, les actions et les menaces anti-juives représentent 72% des actions racistes. Et visiblement, on s’y fait. Lors de la profanation du cimetière de Carpentras, 500 000 personnes étaient descendues dans la rue. Mais on s’émeut de moins en moins… En tant que chrétiens, nous sommes appelés à « consoler Son peuple » (Esaïe 40).

La destinée de la France


La France défenseur de l’Eglise

En l’an 496, Clovis, roi des Francs s’est converti au Christianisme. L’évêque Rémi l’a baptisé le jour de Noël. Après avoir passé la nuit entière en prière, il a reçu cette parole : « Mon fils », a t-il dit à Clovis, « le royaume de France est destiné par Dieu à défendre l’Église du Christ, notre Seigneur. Ce royaume sera grand parmi tous les royaumes de la terre. Aussi longtemps qu’il sera fidèle à son appel, il sera victorieux. Mais s’il manque de fidélité, il subira une dure punition. Ce royaume durera, malgré tout, jusqu’à la fin des temps ».

Il est remarquable que le royaume des Francs (France) ait subsisté, alors que ceux des autres peuples dont la Gaule était composée ont disparu. Les empires des Burgondes, des Goths, des Visigoths et des Vandales se sont éteints. Le fait que le royaume des Francs demeure jusqu’à ce jour donne de la crédibilité à cette parole antique. Son appel demeure.

Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Église de la Gaule était une des plus fortes au monde. Née comme dans le « livre des Actes », expérimentant des miracles et des prodiges, elle a eu beaucoup de grands dirigeants et a joué un rôle important en établissant et en défendant l’Église dans le monde. Irénée, Père de l’Église et évêque de Lyon, a joué un rôle capital en protégeant l’Église mondiale des hérésies. Il a écrit le premier livre essentiel de la doctrine chrétienne intitulé « Contre les hérésies » (180 ap. J.C). Ce livre a permis de triompher du Gnosticisme, une hérésie énormément populaire mais qui ne réussit pas à submerger l’Église débutante. Le développement du Credo et la fonction d’évêque lui sont également dus.

En 371, Martin de Tours a établi un des premiers centres de formation de missionnaires dans le monde occidental, avec son grand complexe monastique à Marmoutier. Les croyants sont venus s’inscrire de toute l’Europe pour être formés dans le « ministère apostolique », puis ont été envoyés comme planteurs d’église dans toute la Gaule. Ses disciples firent des voyages missionnaires chez les Celtes, les Pictes, les peuples germaniques et dans les régions aussi lointaines que la Scandinavie, fournissant une base pour l’établissement d’une Église forte en Europe. Ils donnent un exemple puissant de la façon dont la lumière en France peut éclairer beaucoup d’autres nations.

En Grande-Bretagne, la jeune église anglaise a demandé l’aide des évêques de la Gaule pour combattre l’hérésie Pélagienne qui était profondément ancrée dans ses membres. Germain d’Auxerre, un homme très connu dans l’Église et faiseur de miracles, fit deux voyages depuis la France en 429 et 438. Des foules énormes étaient attirées pour entendre la sagesse exceptionnelle de ce grand homme de Dieu. Un grand nombre de personnes se sont converties. Beaucoup de miracles, de guérisons et de délivrances d’esprits mauvais ont eu lieu. Ironiquement, pendant que l’Église s’établissait dans la société française, elle perdait sa puissance spirituelle et devenait un outil politique. Au lieu de défendre la cause du Christ, l’Église elle-même est devenue parfois son persécuteur et s’est engagée dans une défense violente de sa propre autorité et de son prestige.

Ce pays, appelé par Dieu pour être le défenseur de l’Église du Christ a été responsable du martyre de plus de croyants que n’importe quel autre pays dans le monde jusqu’au XXéme siècle.

La France, une nation stratégique dans le monde – John Mulindé

« Dieu a des nations stratégiques à qui Il a donné des dons particuliers, et qu’Il utilise pour accomplir Ses desseins. Ces nations ont une influence sur le monde. Si ces nations se tournent vers Dieu, elles sont bénies, et une grande partie du monde est bénie à travers elles.

Si ces nations s’écartent de Dieu, elles tombent sous la malédiction, et entraînent de nombreux pays à partager le même sort. La France est une de ces nations stratégiques. Vous avez une très grande responsabilité sur l’avenir de la France et de beaucoup de nations. La destinée de millions de personnes en Afrique, en Asie, et en Amérique, est liée à ce que la France va vivre ! »

La France a une grande destinée – Charles de Gaulle

« La France ne peut être la France sans la grandeur. Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires ». « Il n’y a pas d’endroit sur la terre, où, à tout moment, des hommes ne nous regardent se demandant ce que la France a à dire ».

La France est un petit pays. Elle arrive presque en 50ème position pour sa superficie et en 20ème pour sa population. La Russie a un territoire 31 fois plus grand et la Chine une population 22 fois plus importante avec une longue et riche histoire… Et pourtant notre pays tient une place prépondérante dans le concert des nations.

Depuis plusieurs siècles, une partie du monde se réclame de la francophonie et a pour référence notre culture, nos idées, notre pensée. La Révolution, les Droits de l’homme, ont façonné la civilisation occidentale et sont cités et étudiés dans le monde entier. Par son développement et son dynamisme, notre civilisation a une position dominante dans le monde et la France, malgré ses dimensions fort modestes, reste dans le “peloton de tête”. Les énormes progrès des moyens de communication, ne permettent à aucun pays de vivre isolément. Le tourisme, les affaires et l’information entraînent une circulation rapide et permanente des idées. Au fil des années, bien des nations s’inspirent ou s’alignent sur notre modèle mais qu’en est-il de notre influence spirituelle, culturelle, éthique ?

Nous avons hérité d’une destinée hors du commun et d’une responsabilité qui touche à l’évolution humaine et spirituelle du monde ainsi qu’au bien-être de milliards de personnes.

Défenseur des droits de l’homme

La Révolution française, centrée sur la célèbre « Déclaration des droits de l’homme », a proclamé les principes de Liberté, d’Égalité et de Fraternité : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».

D’un coup de plume, les révolutionnaires ont démantelé leur société établie sur les privilèges, la supériorité héréditaire et les droits féodaux. Autour du monde, la Révolution française est devenue le grand symbole du renversement des régimes oppressifs. Aujourd’hui cette grande tradition est illustrée par « Médecins sans frontières » qui ont gagné le prix Nobel de la paix en 1999 pour leur travail de pionniers humanitaires sur plusieurs continents. Fondée en 1971 par un petit groupe de médecins français, l’organisation est devenue le leader mondial de l’aide humanitaire, fonctionnant dans plus de 80 pays. Cette association qui a pour principe de base de ne pas être liée aux intérêts des États mais à la seule dignité de l’être humain.

La passion intellectuelle

Les Français ont une passion naturelle pour l’éducation et la connaissance intellectuelle. Au Moyen Age, l’Université de Paris, ayant en son centre l’enseignement théologique, est devenue le centre intellectuel du monde occidental chrétien.

Certains des plus grands penseurs de France, et de fait, du monde, se sont appliqués à comprendre le message du Christ. Ces capacités intellectuelles ont plus tard rejailli dans la Réforme. Érasme qui a passé de nombreuses années en France a expliqué comment humanisme et Réforme sont étroitement liés – Lefebvre d’Etaples a traduit la Bible en français. C’est un Français, Jean Calvin, qui est devenu le grand penseur de la cause protestante et qui a systématisé les doctrines de la Réforme.

La culture et les arts

Beaucoup de gens sont convaincus que la culture française est la plus riche du monde. À travers l’histoire, les Français ont accordé à l’art et à la culture l’estime la plus élevée.

La France est souvent « La Mecque » pour les parfums, la mode, les vins, la nourriture, les films, l’architecture, la peinture et la littérature, et l’aune à laquelle les autres nations sont comparées. Ce fait est une autre démonstration de l’influence mondiale que la France exerce. Il n’est pas rare de rencontrer des personnes d’autres nationalités qui ont une vive admiration pour la tradition culturelle française : ils aiment bien leur propre culture, mais ils sont amoureux de la nôtre. Oui, on peut être amoureux de la France, pour son savoir-vivre, son sens de l’humain, une certaine harmonie de ses villes, de ses jardins, de ses paysages, le goût de la bonne cuisine (l’art de la table), nos excellents vins, la convivialité de nos repas. En France, il y a tant de choses qui se passent autour de la table.

C’est aussi le pays de l’amour : il y est chanté depuis toujours. La littérature, le théâtre, le cinéma rivalisent pour exprimer avec finesse et justesse ce qui regarde la relation humaine, la vie passionnelle, les subtilités psychologiques. Nos moralistes et nos philosophes ne sont pas des hommes de système, mais des connaisseurs de l’humain, de ses complexités, de sa pensée et de son cœur.*Comment retrouver le bel équilibre de notre art de vivre si humain et spirituel, l’authentique exception française ?

La famille

La famille est, pour les Français, la valeur la plus importante, tous les sondages le montrent. Mais elle n’exerce plus une influence aussi grande que par le passé. Elle subit la concurrence d’autres influences (école, médias, publicité, etc.). En outre, dans un monde qui évolue rapidement, l’expérience des parents n’a plus autant de poids. Dans certains domaines, les enfants sont très tôt en avance sur eux (l’informatique !).

A côté de la culture familiale, il y a une culture jeune avec ses rites, ses modes, ses impératifs, sa musique. L’éducation familiale contribue encore largement à former la personnalité des jeunes et à influencer leur mentalité. Mais les traditions familiales perdent de leur force, surtout lorsque le couple parental est divisé, divorcé, et la famille reconstituée ou monoparentale : des modèles contradictoires sont présentés aux enfants et les laissent dans la confusion.

Une nation modèle ?

Au cours de l’histoire, du fait de l’influence et de la vocation dominante de la France, beaucoup de nations lui ont reconnu une certaine paternité. Malheureusement, nos bonnes actions ont été ternies par des agissements avilissants comme notre participation à l’esclavage, certains aspects excessifs ou dégradants de la colonisation ou du néo-colonialisme.

N’avons-nous pas fréquemment abusé de ces territoires ? Et quand ceux-ci se sont révoltés ou qu’ils ne se révélaient plus profitables, ne les avons-nous pas abandonnés ? Mais nous avons aussi laissé un héritage considérable, comme notre langue, nos écoles, notre culture, notre système juridique etc. Aujourd’hui, certaines nations se sentent comme orphelines parce que nous ne sommes pas conscients de nos responsabilités à leur égard. Des appels nous sont lancés, venant de l’immense Francophonie. Les entendons-nous ? Nous sommes invités, en tant que Français, à être un peuple d’adorateurs, des fils et des filles qui reconnaissent leur Créateur et Père. Que notre nation, en revenant à Dieu Le Père, puisse ainsi assumer pleinement ses responsabilités !

Sources : Guide de prière n°1 et « Francement »(P.Joret)

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